Les Etangs, opéra (op. 25)
Résumé
Depuis peu, Paul est en convalescence dans la maison Les Etangs, appartenant à des amis. Il commence à y vivre des expériences étranges et les phénomènes s’amplifient au point qu’à l’issue d’une nuit agitée, il ne peut dissimuler davantage ce qu’il subit. Malaise. Les points de vue s’immiscent et s’entrecroisent, tandis que l’amitié s’use un peu plus chaque jour et que tout décrédibilise Paul, jugé fragile mentalement puisque ancien alcoolique en cours de traitement. S’exhume alors la rumeur concernant Les Etangs, lieux que l’on prétend notoirement maudits et hantés par la mémoire d’un crime affreux commis quelques décennies plus tôt…
Conçu en huis clos, le livret se veut le moins bavard possible, suggérant une mise en scène sobre et un champ d’action limité. On observe une succession d’épisodes ramassés dans l’échelle de temps d’une petite semaine – épilogue mise à part. Les tableaux, dans une recherche de réalisme, sont envisagés sans fioriture ; les personnages en jeu n’entrent, ni ne sortent : ils sont là et l’interaction verbale entre les personnages elle-même est minimale. Par ailleurs, les scènes alternent avec des interventions envisagées en dehors du champ dramatique (en voix « off »).
Les Etangs est un opéra qui se présente comme un « coup de froid lyrique » pour l’auditeur-spectateur, confronté artistiquement aux contradictions et angoisses fondamentales de la nature humaine. Il s’agit d’un théâtre musical dont les ressorts esthétiques et rhétoriques sont conduits par la peur entre culture cinématographique et opératique.
Entre Wozzeck, Blair Witch Project, Shining et Vendredi 13, la peur engendre « les fantômes » les plus irrationnels. On fantasme sur la nature profonde du fait paranormal et des rumeurs qui hantent Les Etangs… Esprits frappeurs ? Projections psychologiques ? Délirium ? Hallucinations, Chimères ? Mythomanie pathologique ?
L’œuvre entremêle les réflexions sur l’au-delà : le sacré, le temps, la mémoire au sein de nos sociétés qui tournent en boucle. Cependant, la trame de l’ouvrage n’est pas qu’une simple histoire de revenants, mais une mise en perspective des rapports visible-invisible dans leurs ambigüités. Car les apparences sont trompeuses par essence.
« (…) Les Etangs sont un enfant de la Fin de l’Histoire ; le fruit désabusé d’une société post-matérialiste en quête perpétuelle de réenchantement. A l’heure de l’argent roi et du décervelage organisé, une chose est sûre : dans le village global, les fantômes n’ont pas fini d’être hantés par les (sur)vivants. »
S. Dietrich
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Deux extraits (en simulation informatique) : Intermezzo / Dernier choeur
Panorama orchestral d’une trentaine de minutes réunissant les principales séquences de l’ouvrage, la suite symphonique Les Etangs se veut pièce de concert, solide et autonome, une synthèse musicale toute en couleurs à même de refléter l’esthétique du projet.
Télécharger ici la partition intégrale de la Suite Symphonique, d’après Les Etangs
