LES CORPS CELESTES
Un soir de septembre 2024, à la faveur de la nuit tombée, je me suis allongé sur la terrasse afin de profiter un instant de la vue privilégiée que m’offrait le ciel d’Ile-de-France. Ce soir-là, je me souviens avoir été violemment impacté par la majesté du spectacle… Quoi qu’en paix, au regard de la voute céleste je fus pris d’un profond vertige, considérant toutes les réalités parfaitement insaisissables de l’Espace et du Temps. Je me sentais infiniment fragile et, pour tout dire, insignifiant, vain et dérisoire. Dérisoire à l’échelle de l’Univers, bien sûr, mais aussi à l’échelle de la minuscule et précaire condition qui me tenait lieu d’existence ici bas.
Humilité primordiale face aux Choses d’en Haut… lesquelles se plaisent à rappeler à toutes créatures que deux voies de folies coexistent toujours : 1. celle de se mettre à parler comme si quelque chose était à ajouter / 2. celle de fuir dans le silence ou le dénis. A Dieu ne plaise… ce soir-là, je suis allé à la musique comme on s’abandonne à l’adoration, en devenant moi-même, par je ne sais quel miracle, un faible pinceau et une petite palette chromatique aux pieds de “celui que les Cieux des Cieux ne peuvent pas contenir” (1 Rois 8 : 27). En ne sachant pas, au fond, si je maîtrisais quelque chose de l’ouvrage qui était en train de surgir où si, mystérieusement, c’est moi qui étais maîtrisé à travers lui, comme pour tout l’ouvrage de ses Mains.