ORCHESTRE A CORDES
Contemplations du mouvement de la Nature, de la cyclicité des jours. Infini chromatisme du spectacle du vivant, lequel n’a eu de cesse de m’édifier. En dépit des années qui séparent ces quatre ouvrages, ils s’articulent avec cohérence, comme quatre vitraux d’un même sanctuaire que traverserait la lumière changeante de saisons en saisons. Un quadriptyque animé par des nuances de couleurs, de dynamiques et d’harmonies à même de revenir aux sources anciennes du mot “symphonie” .
Sur ma route, je n’ai jamais eu à craindre le manque d’idée ou, comme qui dirait, “le manque d’inspiration” . Au contraire, je crains le trop plein. Me méfiant de ce qui transite par mon cerveau, lequel, par nature, s’agite tel un cheval fou, submergé par toutes sortes de pensées, de ruminations, raisonnements, fantasmes, projections, émotions… Au fil de mon histoire, d’innombrables ébauches musicales ou poétiques ont fini leur vie de post-it dans la corbeille. Car je le sais : le meilleur ennemi de l’artiste est à coup sûr l’artiste lui-même dès lors qu’il se laisse séduire et déborder par ses propres chimères émotionnelles, excessives et maladroites, au potentiel musical souvent trompeur. Remplir vainement le vide est très facile. Mais l’excellence d’un artisanat implique de savoir mettre en doute les projets engagés. Mettre et remettre sur le métier les objets à l’aune d’un contrôle qualité sévère. Et ne pas avoir peur de les soumettre à l’épreuve du temps long (…) Ebauchée dans un contexte personnel difficile, Rhema n’était au départ qu’une suite de trois gageures dodécaphoniques un peu bancales, que je trainais depuis des années dans une pochette. Finalement, cette “matière première” a survécu et s’est développée. Moi aussi.