ORCHESTRE A CORDES
Tout compte fait, je n’ai jamais manqué d’idées. Je n’ai jamais tellement craint le vertige de la page blanche ou, comme qui dirait, le manque d’inspiration. Au contraire, j’ai plutôt redouté le trop plein. Les excès du cerveau, qui, par nature, s’agite tel un cheval fou, submergé par toutes sortes de pensées, réactions, émotions, ruminations, raisonnements, fantasmes, projections… A coup sûr, le meilleur ennemi de l’artiste est l’artiste lui-même dès lors qu’il se laisse séduire et déborder par ses propres chimères intérieures, excessives et maladroites, au potentiel artistique volontiers trompeur. Par conséquent, d’innombrables ébauches ont fini leur vie de post-it dans la corbeille. Si remplir vainement le vide est une pratique aisée, un chemin d’excellence consiste à remettre sans cesse son artisanat sur le métier. Le soumettre à un contrôle qualité sévère sans craindre l’épreuve du temps long (…)
En 2013, Rhema n’était qu’une suite de gageures dodécaphoniques qui cherchaient leur vocation. Des années plus tard, cette “matière première” limitée avait survécu et le temps était venu de développer.
Contemplations du mouvement de la Nature, de la cyclicité des jours. Infini chromatisme du spectacle du vivant… En dépit des années qui les séparent, ces quatre ouvrages s’articulent en cohérence, comme quatre vitraux d’un même sanctuaire que traverserait la lumière changeante de saisons en saisons. Un quadriptyque animé par des nuances de couleurs, de dynamiques et d’harmonies à même de revenir aux sources anciennes du mot “symphonie” .